La francophonie

La francophonie " f" minuscule renvoie à la langue française en elle-même et désigne le fait de parler français. La Francophonie " F" majuscule est un ensemble difficile à identifier. Il désigne souvent l'ensemble des personnes qui parlent le français comme langue maternelle, langue d'usage, langue administrative, langue d'enseignement ou langue choisie. Dans un contexte politique, le mot Francophonie peut aussi renvoyer à une communauté constituée de pays francophones mais aussi quelquefois à l'ensemble des pays ou régions membres de l'Organisation internationale de la Francophonie.L'expression « espace francophone » est aussi employé pour désigner l'espace où l'on parle le français.
C'est au 19ième siècle que le géographe Onésime Reclus (1837-1916) invente le terme francophonie pour désigner les personnes et les pays qui utilisent la langue française à des titres divers.Un terme qui ne réapparaît que dans les années 60 quand plusieurs pays africains accèdent à l'indépendance.Aujourd'hui la Francophonie compte 54 états et gouvernements membres et 14 observateurs.
Présente sur les 5 continents , la Francophonie représente un quart des états membres de l'O.N.U .Cette communauté internationale s'est constituée par étapes.
A l'origine du mouvement , 3 pionniers , dirigenats politiques d'états indépendants de l'Afrique noire et du Maghreb, les présidents Léopold Sédar Senghor (1906-2001) (Sénégal), Hamani Diori (1916-1989) (Niger) et Habib Bourguiba (1903-200) (Tunisie) , ils seront rejoints par le Prince Norodom Sihanouk (1922) (Cambodge).
Militants infatiguables, ils sillonnent les capitales francophones, plaident en faveur de la création d'une communauté plurielle ayant en partage la langue française dans le respect des spécificités cultturelles.Ils résussissent finalement à transmettre leur enthousiasme et à faire adopter leurs convictions.
Une conférence ministérielle se réunit alors à Niamey (Niger) pour définir les moyens de créer une organisation francophone pour la coopération culturelle et technique.28 pays participent à cette réunion qui s'échève sur un accord de principe .Le 20 mars 1970 l'agence de coopération culturelle et technique (ACCT) voit le jour , elle regroupe 21 états et gouvernements, à sa tête le premier secrétaire général le québecquois Jean Marc Léger (1927-2011) .
Trois ans plus tard en 1973 se réunissent à Paris à l'invitation du président Georges Pompidou (1911-1974) , les chefs d'états des pays francophones d'Afrique et de l'Océan Indien .Cette conférence au somment est aussitôt institutionalisée, elle va se tenir tous les ans et accueillir de nouveaux participants, l'Afrique noire comme la Guinnée Bissau , l'Angola, le Cap vert et du Maghreb, le Maroc et la Tunisie.
C'est ce forum franco-africain qui va servir de lieu de relance de l'idée d'un sommet des dirigeants de tous les pays francophones.Le 17 février 1986 à l'initaitive du président François Mitterand (1916-1996) se tient à Paris la première conférence au sommet des pays ayant en commun l'usage du français .
La scéance inaugurale à lieu dans le cadre de la salle des congrès du palais de Versailles.
Ce premier sommet est une réussite .Il réunit les représentants de 41 pays dont 27 chefs d'états et de gouvernements .Les sommets se succèdent , ils ont lieu tous les 2 ans .Cette instance définit les orientations de la Francophonie , adopte toutes résolutions nécessaires à la réalisation de ses objectifs , élit son secrétaire général et statut sur l'admission de nouveaux membres.Les sommets consacrent à chaque fois des thèmes qui mettent l'accent sur des valeurs et des défis à relever , tel que la diversité culturelle et linguistique , le développement durable ou encore l'éducation ou les nouvelles technologies de l'information.
Le sommet de Hanoï (Viêt Nam) marque une étape décisive dans l'affirmation de la dimension politique de la Francophonie .
Boutros Boutros Ghali (1922) (Égypte) est élu premier secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).Le président Abdou Diouf (1935) (Sénégal) lui succède en 2002 au 9ième sommet de Beyrouth (Liban) .
Abdou Diouf est Secrétaire général de la Francophonie depuis 2003. Il a été réélu une première fois en 2006, par les chefs d’État et de gouvernement réunis lors du Sommet de Bucarest (Roumanie), puis une seconde fois, en 2010, à l’issue du Sommet de Montreux (Suisse). L’organisation du prochain Sommet a été confiée à la République démocratique du Congo. Le 14ième sommet de la Francophonie se tiendra en 2012 à Kinshasa.
Grâce à la mise en place d'un dispositif institutionnel qui simplifie et rationalise les structures et les modes de fonctionnement de la Francophonie multi latérale, l'OIF et son secrétaire général sont en mesure aujourd'hui d'élaborer une stratégie globale et à long terme.
Une conférence ministérielle et un conseil permanent de la Francophonie sont chargés de veiller à l'exécution des décisions arrêtées et de préparer le sommet suivant , l'assemblée parlementaire de la Francophonie assure elle un rôle consultatif.pour atteindre les objectifs définis par les sommets, le secrétaire général peut compter sur le concours de 4 opérateurs directs:
L'Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
La chaine de télévison TV5
L'université Senghor d'Alexandrie (Egypte)
L'Association internationale des maires francophones (AIMF)
Les chantiers de la
coopération multi
latérale francophone se développe dans des
domaines de
plus en plus diversifiés comme la formation à
distance et
l'enseignement du français en tant que langue
étrangère, la lecture et l'animation pour les
populations
rurales , le développement économique en
particulier le
soutien à l'entreprenariat féminin ,
l'énergie et
l'environnement , la production audiovisuelle et la presse des pays du
sud , la consolidation des états de droit et des processus
démocratiques , l'utilisation du français dans
les
organisations internationales ou encore la concertation diplomatique
aux
Nations Unies.
Aujourd'hui la Francophonie c'est aussi des
rendez vous culturels et sportfs et des fêtes populaires
organisées sur les 5 continents comme la journée
internationale de la Francophonie qui célèbre le
20 mars
bien au delà du monde
francophone l'universalité de
la langue française. comme les festivals de
cinéma de
Ouagadougou (Burkina Faso) , de Carthage (Tunisie) ou de Namur
(Belgique) qui attirent un très large public ainsi que des
professionnels du nord et du sud comme les francophonies en
Limousin (France) qui contribuent à faire
connaître
notamment au public français le théatre et les
artistes
des divers pôles de l'espace francophone , comme les
francofolies (La Rochelle-France) qui sont devenus le rendez vous
annuel et incontournable de la chanson d'expression
française ,
comme les jeux de la Francophonie organisés tous les 4 ans
et
qui se sont déjà
déroulés au Maroc,
en France , à Madagascar, au Canada et au Niger , ces jeux
associent le sport et la culture et
représente une
véritable fête de la jeunesse, avenir de la
Francophonie.
Le monde francophone

Les pays membres (54)
Afrique:Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Côte d'Ivoire, Djibouti, Égypte, Gabon, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo, Tunisie
Amérique:
Canada, Haïti
Asie:
Cambodge, Laos, Liban, Viêt Nam
Europe:
Albanie, Andorre, Arménie, Belgique, Bulgarie, France, Grèce, Hongrie, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Moldavie, Monaco, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suisse
Océanie:
Vanuatu
Nombre de francophones dans les pays membres de l'OIF en 2005
|
Pays |
Population du pays |
Francophones |
|---|---|---|
|
|
30 700 000 |
10 131 000 |
|
|
3 100 000 |
322 400 |
|
|
10 000 000 |
6 360 000 |
|
|
84 787 000 |
2 713 000 |
|
|
3 800 000 |
1 444 000 |
|
|
8 400 000 |
2 142 000 |
|
|
13 900 000 |
650 000 |
|
|
7 800 000 |
624 000 |
|
|
16 400 000 |
7 343 400 |
|
|
480 000 |
96 000 |
|
|
4 200 000 |
945 000 |
|
|
4 000 000 |
2 400 000 |
|
|
68 228 000 |
61 405 000 |
|
|
18 200 000 |
12 700 000 |
|
|
799 000 |
159 800 |
|
|
1 400 000 |
1 200 000 |
|
|
1 600 000 |
16 000 |
|
|
500 000 |
300 000 |
|
|
13 500 000 |
2 214 000 |
|
|
14 000 000 |
1 260 000 |
|
|
8 700 000 |
783 000 |
|
|
150 000 |
97 500 |
|
|
11 700 000 |
3 627 000 |
|
|
9 700 000 |
1 940 000 |
|
|
6 100 000 |
2 000 000 |
|
|
670 000 |
312 200 |
|
|
17 300 000 |
3 529 200 |
|
|
1 200 000 |
872 500 |
|
|
223 765 |
223 765 |
|
|
780 000 |
737 100 |
|
|
80 000 |
48 000 |
|
|
32 270 500 |
11 552 800 |
|
|
752 000 |
300 000 |
|
|
7 598 000 |
6 314 000 |
|
|
6 300 |
6 300 |
|
|
70 000 |
6 500 |
|
|
450 000 |
427 900 |
|
|
200 000 |
185 400 |
|
|
400 000 |
378 000 |
|
|
8 300 000 |
1 286 500 |
|
|
160 000 |
2 700 |
|
|
3 000 000 |
200 000 |
|
|
13 300 000 |
148 500 |
|
|
5 900 000 |
60 000 |
|
|
89 230 000 |
624 000 |
|
|
230 000 |
207 000 |
|
|
15 000 |
15 000 |
|
|
260 000 |
234 000 |
|
|
220 000 |
90 000 |
|
|
3 200 000 |
32 000 |
|
|
7 700 000 |
924 000 |
|
|
10 010 000 |
60 000 |
|
|
3 400 000 |
67 000 |
|
|
2 000 000 |
200 000 |
|
|
4 200 000 |
1 050 000 |
|
|
38 200 000 |
1 520 000 |
|
|
24 600 000 |
6 048 000 |
|
|
5 400 000 |
113 400 |
|
|
2 000 000 |
80 000 |
|
|
10 020 000 |
204 000 |
|
|
70 000 |
50 600 |
|
|
10 500 000 |
4 400 000 |
|
|
4 300 000 |
4 200 000 |
|
|
65 090 000 |
64 978 000 |
|
|
11 100 000 |
1 430 000 |
|
|
500 000 |
166 000 |
|
|
30 000 |
23 400 |
|
|
7 400 000 |
1 600 000 |
Autres estimations du nombre de francophones
Polynésie
française : 94,7 % francophone
Cameroun :
67 % francophone
Luxembourg :
90 %
Québec
: 94,6 % de connaissance du français
Gabon :
90,9 % de connaissance du français
Mali :
19,12 % de connaissance du français
Monaco :
93,75 % de connaissance du français
L'OIF dénombre 220 Millions de francophones sachant lire,comprendre et écrire le français.
La charte de la Francophonie
Préambule
La Francophonie doit tenir compte des mutations historiques et
des grandes évolutions politiques, économiques,
technologiques et culturelles qui marquent le XXIe siècle pour
affirmer sa présence et son utilité dans un monde
respectueux de la diversité culturelle et linguistique, dans
lequel la langue française et les valeurs universelles se
développent et contribuent à une action
multilatérale originale et à la formation
d’une communauté internationale solidaire.
La langue française constitue aujourd’hui un
précieux héritage commun qui fonde le socle de la
Francophonie, ensemble pluriel et divers. Elle est aussi un moyen
d’accès à la modernité, un
outil de communication, de réflexion et de
création qui favorise l’échange
d’expériences.
Cette histoire, grâce à laquelle le monde qui
partage la langue française existe et se
développe, est portée par la vision des chefs
d’État et de gouvernement et par les nombreux
militants de la cause francophone et les multiples organisations
privées et publiques qui, depuis longtemps, oeuvrent pour le
rayonnement de la langue française, le dialogue des cultures
et la culture du dialogue.
Elle a aussi été portée par
l’Agence de coopération culturelle et technique,
seule organisation intergouvernementale de la Francophonie issue de la
Convention de Niamey en 1970, devenue l’Agence de la
Francophonie après la révision de sa charte
à Hanoi, en 1997.
Afin de donner à la Francophonie sa pleine dimension
politique, les chefs d’État et de gouvernement,
comme ils en avaient décidé à Cotonou
en 1995, ont élu un Secrétaire
général, clé de voûte du
système institutionnel francophone, de même que la
Conférence ministérielle, en 1998 à
Bucarest, a pris acte de la décision du Conseil permanent
d’adopter l’appellation « Organisation
internationale de la Francophonie ».
À Ouagadougou, en 2004, réunis en Xe Sommet, les
chefs d’État et de gouvernement ont
approuvé les nouvelles missions stratégiques de
la Francophonie et ont pris la décision de parachever la
réforme institutionnelle afin de mieux fonder la
personnalité juridique de l’Organisation
internationale de la Francophonie et de préciser le cadre
d’exercice des attributions du Secrétaire
général.
Tel est l’objet de la présente Charte, qui donne
à l’ACCT devenue Agence de la Francophonie,
l’appellation d’Organisation internationale de la
Francophonie.
Titre I : Des objectifs
Article 1 : Objectifs
La Francophonie, consciente des liens que crée entre ses
membres le partage de la langue française et des valeurs
universelles, et souhaitant les utiliser au service de la paix, de la
coopération, de la solidarité et du
développement durable, a pour objectifs d’aider :
à l’instauration et au développement de
la démocratie, à la prévention,
à la gestion et au règlement des conflits, et au
soutien à l’État de droit et aux droits
de l’Homme ; à l’intensification du
dialogue des cultures et des civilisations ; au rapprochement des
peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement de leur
solidarité par des actions de coopération
multilatérale en vue de favoriser l’essor de leurs
économies ; à la promotion de
l’éducation et de la formation. Le Sommet peut
assigner d’autres objectifs à la Francophonie.
La Francophonie respecte la souveraineté des
États, leurs langues et leurs cultures. Elle observe la plus
stricte neutralité dans les questions de politique
intérieure.
Les institutions de la présente Charte concourent, pour ce
qui les concerne, à la réalisation de ces
objectifs et au respect de ces principes.
Article 2 : Institutions et opérateurs
Les institutions de la Francophonie sont :
1. Les instances de la Francophonie :
- La Conférence des chefs d’État et de
gouvernement des pays ayant le français en partage,
ci-après appelée le « Sommet
» ;
- La Conférence ministérielle de la Francophonie,
ci-après appelée «
Conférence ministérielle » ;
- Le Conseil permanent de la Francophonie, ci-après
appelé « Conseil permanent ».
2. Le Secrétaire général de la Francophonie.
3. L’Organisation internationale
de la Francophonie (OIF).
4. L’Assemblée parlementaire de
la Francophonie (APF), qui est l’Assemblée
consultative de la Francophonie.
5. Les opérateurs directs et reconnus du
Sommet, qui concourent, dans les domaines de leurs
compétences, aux objectifs de la Francophonie tels que
définis dans la présente Charte :
l’Agence universitaire de la Francophonie
(AUF)
TV5, la télévision internationale
francophone
l’Université Senghor
d’Alexandrie;
l’Association internationale des maires et
responsables des capitales et des métropoles partiellement
ou entièrement francophones (AIMF)
6. Les Conférences
ministérielles permanentes : la Conférence des
ministres de l’Éducation des pays ayant le
français en partage (Confémen) et la
Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des
pays ayant le français en partage .
Article 3 : Sommet
Le Sommet, instance suprême de la Francophonie, se compose
des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant
le français en partage. Il se réunit tous les
deux ans.
Il est présidé par le chef
d’État ou de gouvernement du pays hôte
du Sommet jusqu’au Sommet suivant.
Il statue sur l’admission de nouveaux membres de plein droit,
de membres associés et de membres observateurs à
l’OIF.
Il définit les orientations de la Francophonie de
manière à assurer son rayonnement dans le monde.
Il adopte toute résolution qu’il juge
nécessaire au bon fonctionnement de la Francophonie et
à la réalisation de ses objectifs.
Il élit le Secrétaire
général, conformément aux dispositions
de l’article 6 de la présente Charte.
Article 4 : Conférence ministérielle
La Conférence ministérielle se compose de tous
les
membres du Sommet. Chaque membre est représenté
par le
ministre des Affaires étrangères ou le ministre
chargé de la Francophonie, ou son
délégué.
Le Secrétaire général de la
Francophonie
siège de droit à la Conférence
ministérielle, sans prendre part au vote.
La Conférence ministérielle est
présidée par le ministre des Affaires
étrangères ou le ministre chargé de la
Francophonie du pays hôte du Sommet, un an avant et un an
après celui-ci.
La Conférence ministérielle se prononce sur les
grands axes de l’action multilatérale francophone.
La Conférence ministérielle prépare le
Sommet. Elle veille à l’exécution des
décisions arrêtées par le Sommet et
prend toutes initiatives à cet effet. Elle adopte le budget
et les rapports financiers de l’OIF ainsi que la
répartition du Fonds multilatéral unique.
La Conférence ministérielle nomme le Commissaire
aux comptes de l’OIF et du FMU. Sur saisine d’un
État membre ou d’un gouvernement participant, la
Conférence ministérielle demande au
Secrétaire général de fournir toute
information concernant l’utilisation du Fonds.
La Conférence ministérielle définit
les conditions dans lesquelles les commissaires aux comptes des
opérateurs sont appelés à
coopérer avec le Commissaire aux comptes de l’OIF
et du FMU.
La Conférence ministérielle recommande au Sommet
l’admission de nouveaux membres et de nouveaux membres
associés ou observateurs, ainsi que la nature de leurs
droits et obligations.
La Conférence ministérielle fixe les
barèmes des contributions statutaires à
l’OIF. La Conférence ministérielle peut
décider de déplacer le siège de
l’OIF. La Conférence ministérielle
nomme les liquidateurs.
La Conférence ministérielle crée tout
organe subsidiaire nécessaire au bon fonctionnement de
l’OIF.
Les modalités de fonctionnement de la Conférence
ministérielle sont précisées dans son
Règlement intérieur.
Article
5 : Conseil permanent de la Francophonie
Le Conseil permanent est l’instance chargée de la
préparation et du suivi du Sommet, sous
l’autorité de la Conférence
ministérielle.
Le Conseil permanent est composé des
représentants personnels dûment
accrédités par les chefs
d’États ou de gouvernements membres du Sommet.
Le Conseil permanent est présidé par le
Secrétaire général de la Francophonie.
Il se prononce sur ses propositions et le soutient dans
l’exercice de ses fonctions.
Le Conseil permanent de la Francophonie a pour missions :
de veiller à l’exécution des
décisions prises par la Conférence
ministérielle ;
d’examiner les propositions de répartition du FMU
ainsi que l’exécution des décisions
d’affectation ;
d’examiner les rapports financiers et les
prévisions budgétaires de l’OIF ;
d’examiner et d’adopter l’ordre du jour
provisoire des réunions de la Conférence
ministérielle ;
de faire rapport à la Conférence
ministérielle sur l’instruction des demandes
d’adhésion ou de modification de statut ;
d’exercer son rôle d’animateur, de
coordonnateur et d’arbitre. Il dispose à cet effet
des commissions suivantes : la commission politique, la commission
économique, la commission de coopération et de
programmation, et la commission administrative et
financière. Ces commissions sont
présidées par un représentant
d’un État ou d’un gouvernement membre,
qu’il désigne sur proposition de la commission
concernée ;
d’adopter le statut du personnel et le règlement
financier ;
d’examiner et d’approuver les projets de
programmation ;
de procéder aux évaluations des programmes des
opérateurs ; de nommer le Contrôleur financier ;
de remplir toute autre mission que lui confie la Conférence
ministérielle.
En tant que de besoin, le Secrétaire
général réunit le Conseil permanent.
Les modalités de fonctionnement du Conseil permanent sont
fixées par son Règlement intérieur.
Article
6 : Secrétaire général
Le Secrétaire général de la
Francophonie préside le Conseil de coopération.
Il est représenté dans les instances des
opérateurs. Il dirige l’Organisation
internationale de la Francophonie.
Le Secrétaire général est
élu pour quatre ans par les chefs
d’État et de gouvernement. Son mandat peut
être renouvelé. Il est placé sous
l’autorité des instances.
Le statut du Secrétaire général a un
caractère international. Le Secrétaire
général ne demande ni ne reçoit
d’instructions ou d’émoluments
d’aucun gouvernement ni d’aucune
autorité extérieure.
Il est responsable du Secrétariat de toutes les instances de
la Francophonie, aux sessions desquelles il assiste.
Il préside le Conseil permanent, dont il prépare
l’ordre du jour. Il ne prend pas part au vote. Il veille
à la mise en œuvre des mesures
adoptées, dont il rend compte.
Le Secrétaire général est le
représentant légal de l’OIF.
À ce titre, il engage l’Organisation et signe les
accords internationaux. Il peut déléguer ses
pouvoirs.
Le Secrétaire général rend compte au
Sommet de l’exécution de son mandat.
Le Secrétaire général nomme le
personnel et ordonne les dépenses. Il est responsable de
l’administration et du budget de l’OIF dont il peut
déléguer la gestion.
Le Secrétaire général est
chargé de l’organisation et du suivi des
conférences ministérielles sectorielles
décidées par le Sommet.
Article 7 : Fonctions politiques
Le Secrétaire général conduit
l’action politique de la Francophonie, dont il est le
porte-parole et le représentant officiel au niveau
international.
Il exerce ses prérogatives dans le respect de celles du
président en exercice du Sommet et du président
de la Conférence ministérielle.
Le Secrétaire général se tient
informé en permanence de l’état des
pratiques de la démocratie, des droits et des
libertés dans l’espace francophone.
En cas d’urgence, le Secrétaire
général saisit le Conseil permanent et, compte
tenu de la gravité des événements, le
président de la Conférence
ministérielle, des situations de crise ou de conflit dans
lesquelles des membres peuvent être ou sont
impliqués. Il propose les mesures spécifiques
pour leur prévention, leur gestion et leur
règlement, éventuellement en collaboration avec
d’autres organisations internationales.
Article 8 : Fonctions en
matière de coopération
Le Secrétaire général propose aux
instances, conformément aux orientations du Sommet, les axes
prioritaires de l’action francophone
multilatérale. Il le fait en concertation avec les
opérateurs.
Il propose la répartition du FMU et il ordonne les
décisions budgétaires et financières
qui y sont relatives.
Le Secrétaire général est responsable
de l’animation de la coopération
multilatérale francophone financée par le FMU.
Dans l’accomplissement de ces fonctions, il nomme,
après
consultation du CPF, un Administrateur chargé
d’exécuter, d’animer et de
gérer la
coopération intergouvernementale multilatérale,
ainsi que
d’assurer, sous son autorité, la gestion des
affaires
administratives et financières. L’Administrateur
propose
au Secrétaire général les programmes
de
coopération de l’OIF qui sont définis
dans le cadre
des décisions du Sommet. Il est chargé de leur
mise en
œuvre. Il participe aux travaux des instances. Il contribue
à la préparation de la Conférence des
organisations internationales non gouvernementales, ainsi
qu’à l’organisation et au suivi des
conférences ministérielles sectorielles
décidées par le Sommet et confiées
à
l’OIF. L’Administrateur est nommé pour
quatre ans et
sa mission peut être renouvelée. Il exerce ses
fonctions
par délégation du Secrétaire
général.
Le Secrétaire général
évalue l’action de coopération
intergouvernementale francophone, telle que
décidée. Il veille à
l’harmonisation des programmes et des actions de
l’ensemble des opérateurs directs reconnus.
À cette fin, il préside un Conseil de
coopération, qui réunit
l’Administrateur de l’OIF, les responsables des
opérateurs ainsi que de l’APF. Il exerce ces
fonctions avec impartialité, objectivité et
équité. Le Conseil de coopération
assure, de manière permanente, la cohérence, la
complémentarité et la synergie des programmes de
coopération des opérateurs.
Article 9 : Organisation internationale de la Francophonie
L’Agence de coopération culturelle et technique
créée par la Convention de Niamey du 20 mars 1970
et devenue l’Agence de la Francophonie, prend
l’appellation « Organisation internationale de la
Francophonie ».
L’Organisation internationale de la Francophonie est une
personne morale de droit international public et possède la
personnalité juridique.
L’OIF peut contracter, acquérir,
aliéner tous biens mobiliers et immobiliers, ester en
justice ainsi que recevoir des dons, legs et subventions des
gouvernements, des institutions publiques ou privées, ou des
particuliers.
Elle est le siège juridique et administratif des
attributions du Secrétaire général.
L’OIF remplit toutes tâches
d’étude, d’information, de coordination
et d’action. Elle est habilitée à faire
tout acte nécessaire à la poursuite de ses
objectifs.
L’OIF collabore avec les diverses organisations
internationales et régionales sur la base des principes et
des formes de coopération multilatérale reconnus.
L’ensemble du personnel de l’OIF est
régi par son propre statut et règlement du
personnel, dans le respect du règlement financier. Le statut
du personnel a un caractère international.
Le siège de l’Organisation internationale de la
Francophonie est fixé à Paris.
Article
10 : États et gouvernements membres, membres
associés et observateurs
Les États parties à la Convention de Niamey sont
membres de l’OIF. En outre, la présente Charte ne
porte pas préjudice aux situations existantes en ce qui
concerne la participation d’États et de
gouvernements tant aux instances de l’Organisation
internationale de la Francophonie qu’aux instances de
l’Agence de la Francophonie.
Tout État qui n’est pas devenu partie à
la Convention dans les conditions prévues aux articles 4 et
5 de celle-ci, devient membre de l’OIF s’il a
été admis à participer au Sommet.
Dans le plein respect de la souveraineté et de la
compétence internationale des États membres, tout
gouvernement peut être admis comme gouvernement participant
aux institutions, aux activités et aux programmes de
l’OIF, sous réserve de l’approbation de
l’État membre dont relève le territoire
sur lequel le gouvernement participant concerné exerce son
autorité, et selon les modalités convenues entre
ce gouvernement et celui de l’État membre.
La nature et l’étendue des droits et obligations
des membres, des membres associés et des observateurs sont
déterminées par le texte portant statut et
modalités d’adhésion.
Tout membre peut se retirer de l’OIF en avisant le
gouvernement du pays qui exerce la présidence du Sommet ou
le gouvernement du pays où est fixé le
siège de l’OIF, au moins six mois avant la plus
proche réunion du Sommet. Le retrait prend effet
à l’expiration du délai de six mois
suivant cette notification.
Toutefois, le membre concerné demeure tenu
d’acquitter le montant total des contributions dont il est
redevable.
Article 11 : Représentations permanentes de
l’OIF
Sur proposition du Secrétaire général,
la Conférence ministérielle peut
établir des représentations dans les diverses
régions géographiques de l’espace
francophone et auprès d’institutions
internationales, et décider de manière
équilibrée du lieu, de la composition, ainsi que
des fonctions et du mode de financement de ces
représentations.
Titre III : Des dispositions diverses
Article 12 : De la
Conférence des organisations internationales non
gouvernementales et des organisations de la
société civile
Tous les deux ans, le Secrétaire
général de la Francophonie convoque une
conférence des organisations internationales non
gouvernementales, conformément aux directives
adoptées par la Conférence
ministérielle.
Article 13 : Langue
La langue officielle et de travail des institutions et
opérateurs de la Francophonie est le français.
Article 14 : Interprétation de la Charte
Toute décision relative à
l’interprétation de la présente Charte
est prise par la Conférence ministérielle de la
Francophonie.
Article 15 : Révision de la Charte
La Conférence ministérielle a
compétence pour amender la présente Charte.
Le gouvernement de l’État sur le territoire duquel
est fixé le siège de l’OIF notifie
à tous les membres ainsi qu’au
Secrétaire général toute
révision apportée à la
présente Charte.
Article 16 : Dissolution L’OIF est dissoute :
soit si toutes les parties à la Convention,
éventuellement sauf une, ont dénoncé
celle-ci ;
soit si la Conférence ministérielle de la
Francophonie en décide la dissolution.
Article 17 : Entrée en vigueur
La présente Charte prend effet à partir de son adoption par la Conférence ministérielle de la Francophonie.

